Les Breton s’installent à Pantin

Nouvelles CuRieuSes ou sinGulièReS d’André Breton : les livres illustrés et les cahiers colorés de l’école marqueront la vie du pape du surréalisme.

André Breton avait quatre ans lorsque ses parents s’installent à Pantin, il passe son enfance dans cette banlieue où il découvre les livres illustrés à l’école maternelle Ste Elisabeth, puis à l’école primaire communale. Deux traces de ce séjour pantinois marquent son œuvre. Dans le « Rêve n°1 » publié dans le n°1 de la Révolution Surréaliste, il écrit :

En dernier lieu je remonte, à Pantin, la route d’Aubervilliers dans la direction de la Mairie lorsque, devant une maison que j’ai habitée, je rejoins un enterrement qui, à ma grande surprise, se dirige dans le sens opposé à celui du Cimetière parisien. Je me trouve bientôt à la hauteur du corbillard. Sur le cercueil un homme d’un certain âge, extrêmement pâle, en grand deuil et coiffé d’un chapeau haut de forme, qui ne peut être que le mort, est assis et, se tournant alternativement à gauche et à droite, rend leur salut aux passants. Le cortège pénètre dans la manufacture d’allumettes.

parcours  route  d'Aubervilliers -actuellement Av Edouard Vaillant- Mairie de Pantin

parcours route d’Aubervilliers -actuellement Av Edouard Vaillant- Mairie de Pantin

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Manufacture d’allumettes-Pantin

Hotel-de-Ville-Pantin

Hotel de Ville de Pantin

 

 

 

 

 
Puis, dans PSTT poème publié dans Clair de Terre, Breton cherche ses homonymes, parmi ceux-ci il relève au cimetière de Pantin : Nord 13-40.….    Breton (E.) mon. funèbr., av. Cimetière Parisien, 23, Pantin.

Complément d’enquête.

Julien Barret, auteur et journaliste, anime des visites qui font le lien entre la littérature et le territoire. Il a fondé le site Autour de Paris en février 2018, dans l’idée d’explorer la ville sur les traces des artistes et des poètes. Ce site propose différents parcours et ateliers d’écriture dont une balade participative qui se reconstruit et s’élabore chaque fois qu’elle a lieu : une enquête poétique sur l’enfance d’André Breton à Pantin

Pour retracer l’itinéraire d’André Breton, arrivé à Pantin à 4 ans, Julien Barret, qui a aussi grandi à Pantin, mêle géographie des lieux et des mots, dans une exploration de la langue et du territoire. Une enquête approfondie qui passionnera les lecteurs d’André Breton.

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derive_3Dream catcher, 19 mai 2014, © Patrick Laforet

 

Pas de tombe pour Ducasse

Nouvelles CuRieuSes ou sinGulièReS du poète Isidore Lucien Ducasse : le faux mystère de la tombe d’Isidore Ducasse.

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Le verbe passer constitue l’une des actions les plus fréquentes dans les Chants de Maldoror. Action qui se décline dans le fait de traverser l’espace, de se trouver sur le chemin d’autrui. Mystère du passant, Lautréamont définit l’espace comme une zone de traversées dans lequel Maldoror est d’abord celui qui a été vu, comme le note Isabelle Daunais, auteur de La forme d’une ville dans les Chants de Maldoror.  Agé de 24 ans, Ducasse décède à Paris, rue du Faubourg Montmartre, le 24 novembre 1870 durant le siège de Paris, alors que le Second Empire s’effondre. Il sera inhumé, le lendemain au cimetière Nord, connu aujourd’hui sous le nom de cimetière Montmartre, dans une concession temporaire de la 35ème division sous le n°9257 du registre de l’époque. Edmond de Goncourt note dans son journal à la date du décès : …Le chiffonnier de notre boulevard qui, dans le moment, fait queue à la Halle pour un gargotier, racontait à Pélagie qu’il achetait, pour son gargotier, les chats à raison de six francs, les rats à raison d’un franc, et la chair de chien à un franc la livre.

Alors commence le mystère de la tombe du célèbre auteur révélé par Soupault et  Breton. En effet, le 20 janvier 1871, le corps de Ducasse est déplacé vers une concession désaffectée du cimetière,  49ème division, ligne 27, fosse 6 qui sera reprise par la municipalité en 1880. Emplacement sur lequel ont été construites les rues Lamarck, Carpeaux, Joseph de Maistre et Coysevox. Une version différente veut qu’un obus prussien ait pulvérisé des tombes, dont la sienne. Les restes de ces concessions sont réputés transférés à l’ossuaire de Pantin. Mais il n’existe aucune mention de son nom dans les registres. Une légende vivace perpétue sa présence au Cimetière de Pantin dont les gardiens expliquent, qu’il n’y a aucune trace ni tombe, aux admirateurs de l’auteur des Chants de Maldoror. Deux rues portent son nom aux abords du cimetière parisien l’une à Bobigny, la seconde à Aubervilliers comme pour témoigner d’une mémoire de la présence des restes du Comte.

ancienne emprise du cimetière Nord

ancienne emprise du cimetière Nord

Texte Jacques Clayssen

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derive_4Mille et Unes Nuits, 18 février 2014, © Patrick Laforet