Nouvelles CuRieuSes ou sinGulièReS du poète Isidore Lucien Ducasse : le faux mystère de la tombe d’Isidore Ducasse.

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Le verbe passer constitue l’une des actions les plus fréquentes dans les Chants de Maldoror. Action qui se décline dans le fait de traverser l’espace, de se trouver sur le chemin d’autrui. Mystère du passant, Lautréamont définit l’espace comme une zone de traversées dans lequel Maldoror est d’abord celui qui a été vu, comme le note Isabelle Daunais, auteur de La forme d’une ville dans les Chants de Maldoror.  Agé de 24 ans, Ducasse décède à Paris, rue du Faubourg Montmartre, le 24 novembre 1870 durant le siège de Paris, alors que le Second Empire s’effondre. Il sera inhumé, le lendemain au cimetière Nord, connu aujourd’hui sous le nom de cimetière Montmartre, dans une concession temporaire de la 35ème division sous le n°9257 du registre de l’époque. Edmond de Goncourt note dans son journal à la date du décès : …Le chiffonnier de notre boulevard qui, dans le moment, fait queue à la Halle pour un gargotier, racontait à Pélagie qu’il achetait, pour son gargotier, les chats à raison de six francs, les rats à raison d’un franc, et la chair de chien à un franc la livre.

Alors commence le mystère de la tombe du célèbre auteur révélé par Soupault et  Breton. En effet, le 20 janvier 1871, le corps de Ducasse est déplacé vers une concession désaffectée du cimetière,  49ème division, ligne 27, fosse 6 qui sera reprise par la municipalité en 1880. Emplacement sur lequel ont été construites les rues Lamarck, Carpeaux, Joseph de Maistre et Coysevox. Une version différente veut qu’un obus prussien ait pulvérisé des tombes, dont la sienne. Les restes de ces concessions sont réputés transférés à l’ossuaire de Pantin. Mais il n’existe aucune mention de son nom dans les registres. Une légende vivace perpétue sa présence au Cimetière de Pantin dont les gardiens expliquent, qu’il n’y a aucune trace ni tombe, aux admirateurs de l’auteur des Chants de Maldoror. Deux rues portent son nom aux abords du cimetière parisien l’une à Bobigny, la seconde à Aubervilliers comme pour témoigner d’une mémoire de la présence des restes du Comte.

ancienne emprise du cimetière Nord

ancienne emprise du cimetière Nord

Texte Jacques Clayssen

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