La vrai légende de Stalker

par Gilles A. Tiberghien

Les Stalker ne sont pas tout à fait des artistes. Pas vraiment des urbanistes non plus, ni des militants. En fait, ils ne sont pas autre chose que ce qu’ils font. Que font donc les stalker ? Ils arpentent. ils cherchent des itinéraires et des territoires, dans les villes et entre les villes, qui échappent aux cartographies connues et permettent d’en inventer d’autres. Pour les suivre, un jeu de pistes.

A lire en ligne dans la Revue Vacarme n°28

Projet Hor-I-zons de Rhida Dib

Rhida Dib, artiste plasticien marcheur, a confié à Démarches les éléments du projet « Hor-I-zons ». Ce projet de marche, prévu en mai 2019, entre Paris et Sousse en Tunisie via l’Italie s’inscrit dans un protocole élaboré à partir d’expériences antérieures. Il s’agit d’un projet de marche augmentée. En effet, les technologies numériques sont mises en oeuvre, à travers l’usage d’un smartphone associé à différentes plateformes. Si le smartphone a acquis une place prépondérante pour les marches, tant comme boussole que guide ou mémoire du parcours à travers des applications dédiées, il connait avec les usages imaginés par Rhida Dib un élément de production artistique de premier plan, comme on le découvre dans son projet. Une des conséquences et non des moindre sur le temps de la marche est résumé ainsi par l’artiste « Dans cette performance les traces précèdent le marcheur. » Voilà qui ouvre de vastes horizons que Rhida Dib explore en entrelaçant la pratique ancestrale de la marche aux moyens numériques.

Cette marche entre Paris et Sousse illustre des thèmes et des réflexions que nous partageons sur la performance, les technologies numériques à travers la géolocalisation, la photographie et plus largement les outils du marcheur connecté.

Qui est Rhida Dib, artiste qui se présente sur le web comme : Plasticien marcheur, bidouilleur de lignes, par le corps et via le code : parce que le lisible n’est pas toujours visible, et inversement…

Nous lui avons demandé de se présenter dans une biographie qui à travers son parcours explicite sa démarche :
Né à Sousse (Tunisie) en 1966, diplômé de l’Ecole des Beaux Arts de Toulon, je vis à Paris depuis 1991. Avant de faire rhizome dans des pratiques hétérogènes, la peinture fut longtemps mon médium de prédilection. En effet, depuis une quinzaine d’années je travaille sur une recherche plastique dont la problématique principale est de « libérer » la ligne du plan. Dans un premier temps, je me suis approprié un pistolet à colle en l’utilisant à contre-emploi : avec cet outil, il ne s’agissait plus de coller les matériaux, mais plutôt de décoller et libérer la matière.
Chemin faisant… la marche connectée a commencé à prendre une place de plus en plus prégnante dans ma problématique. Ainsi, c’est grâce à mon smartphone que mon corps devient pinceau traceur de lignes impalpables sur la surface de la terre. À son tour, le smartphone devient palette numérique génératrice et compilatrice de données multiples et variées… Il en résulte une oeuvre en devenir, mutante et polymorphe, entre installations et performances, matière palpable et matière numériques… Dessinant ainsi une carte à dimension rhizomique et poétique, donc nécessairement politique.

Préparation de la marche  Paris-Sousse

Dans un entretien du 11 Janvier 2018 avec Flore Garcin-Marrou, Maître de conférences en études théâtrales à l’Université Toulouse Jean Jaurès, Rhida Dib expliquait ainsi son projet :
« Je suis en train de préparer un nouveau projet de marche qui aura lieu en [mai 2019]. Une marche de 3000 km, qui durera quatre mois, entre mon atelier à Paris et la Tunisie. Le choix de la Tunisie est lié à mon histoire car je suis fils d’immigré tunisien. Mais je suis déjà en train de marcher pour ce projet puisque les idées viennent en marchant. Par exemple, dans mon atelier, je suis en train de faire des essais pour faire germer des noyaux d’olive dans des pots. L’idée est de porter une seule pousse sur moi pendant cette marche et qu’elle puisse germer pendant le voyage, patinée de multiples particules qui se seront déposées sur elle en France et en Italie. Le pot qui contient l’olive sera connecté, géolocalisable.
…/….
La difficulté – et tout l’intérêt de la préparation réside dans le fait qu’il faut tracer les étapes pour aller en Tunisie. C’est une vraie percée du territoire. Il ne suffit pas de marcher pour marcher. Marcher, c’est partir de chez soi. Il n’y a pas de retour dans la marche. Rentrer chez soi en marchant ce n’est pas marcher, c’est juste rentrer à pied. Marcher, c’est un aller simple.

Nous vous donnons rendez-vous ici-même pour suivre « Hor-I-zons »

Le projet Hor-I-zons
« Le devenir est géographique » (1)

Plasticien marcheur vivant à Paris, enfant d’immigrés de la première génération, j’envisage de marcher vers la Tunisie, via l’Italie (2). Cette marche n’est nullement pensée comme un hypothétique « retour aux sources », mais plutôt comme l’incarnation d’un trait d’union reliant mon lieu de vie à la Tunisie (3). Dans «franco-tunisien» il y a un trait d’union, c’est ce «trait» qui sera – métaphoriquement – l’objet de cette performance. Comment se «faufiler» dans un trait d’union ? Comment habiter un chemin sans l’occuper ? Enfin, comment faire la géographie de son propre chemin ?
Entre la distance qui sépare, et le trait qui unit, il y a l’accomplissement d’une marche et la transmutation d’un lien. Avec cette performance donc, il s’agit d’articuler un lien symbolique, et une liaison affective et effective. Dans ce continuum spatio-temporel , le trait d’union sera matérialisé par un horizon « dessiné » à travers un arpentage transnational.
Il y a une adéquation entre la cadence du marcheur et le défilé du monde. En effet, en même temps qu’elle se déplie, la trace du marcheur prend le pli du monde et crée un lien intime et effectif entre locomotion et perception. Le déploiement linéaire induit un rythme, qui est une des conditions de la perception paysagère. Habiter la terre en avançant entre les terres, c’est aussi former une cartographie psychique qui « se configure par remaniements successifs, par variations, par redistribution des espaces. » (4)


En mettant un pied devant l’autre, je mets mon corps à l’épreuve et je contribue à la production et à l’irrigation d’une « ligne d’horizon » qui forme entre mon lieu de départ et ma destination, un « trait d’union » de 4 000 000 de pas environ. Un trait qui se confondra avec mon propre mouvement en immersion dans la nature traversée. J’avancerai donc dans ces territoires, en éprouvant l’archaïsme et la simplicité de la marche dans son dépouillement et sa répétition obstinée. C’est à travers cet arpentage territorial et « le libre jeu des forces de l’âme (5) » qu’une ligne « palpable » émergera… J’appartiens à cette ligne. Mon corps et mes rythmicités définissent la ligne tout en étant définie par elle…

Cette marche de 3000 km environ est conçue comme un écosystème mouvant (6). Au cours de la performance, l’oeuvre se déploiera en cheminant. Ainsi, je relierai via l’Italie, mon atelier parisien au Sahel tunisien. Dans « Hor-I-zons » il y a « I » comme Italie qui est aussi un trait d’union dans ma marche entre la France et la Tunisie. Muni de mon smartphone – outil , de géolocalisation, de captures, de collectes et de transmissions de données… -, je « déplierai » ma ligne d’« Hor-I-zons » sur 120 étapes (7), et cela jusqu’à ma destination.

« De notre naissance à notre mort, quelle quantité d’espace notre regard peut-il espérer balayer ? » (8)
Au cours d’une marche, l’horizon ne cesse de se réactualiser et les étapes sont des séquences qui rythment cette incessante réactualisation. Elles serviront donc d’articulation pour déplier ma ligne d’horizon. Aussi, à chaque étape et à l’aide d’une boussole pointant vers la ville de Sousse (9), je prendrai une image indiciaire de l’horizon ciblé. Ainsi, l’image devient l’incarnation et la réactualisation quotidienne d’un regard porté à vol d’oiseau sur ma destination.
J’enverrai aussitôt l’image collectée à l’Institut français de Tunisie (10) sous forme de carte postale, cela grâce à l’application Fizzer qui prendra en charge quotidiennement l’impression et la distribution des cartes (11). En envoyant les cartes postales à l’Institut français de Tunisie, les images seront donc accueillies à la fois, en France et en Tunisie. Aussi, par cet envoi, l’image indiciaire change de statut : elle passe de l’« immatérialité » numérique à une palpabilité photographique, et par la même rentre dans le domaine du Mail Art .

Les images d’horizons envoyées quotidiennement seront exposées au fur à mesure de l’envoi et seront disposées sous forme d’une suite d’images, formant ainsi un « carottage » d’horizons en progression… C’est une « timeline » de coupures spatio-temporelles dans la continuité du réel. Cette séquence d’images finira enfin par former ma ligne d’« Hor-I-zons » (12).
Parallèlement et via l’application Runtastic , ma trace GPS sera diffusée en direct et en continu sur le Web et projetée à l’Institut français de Tunisie. Cette trace fera contrepoint aux cartes postales envoyées quotidiennement au même endroit : un voisinage de temporalités et de matérialités hétérogènes.

D’autre part, les données générées par les différentes applications connectées, traces de pas, rythme cardiaque, données cartographiques, statistiques…formeront l’«électrocardiogramme» de la marche. Cet «électrocardiogramme» s’agencera à son tour avec les images indiciaires d’horizons collectées, formant ainsi la chronologie et l’archéologie de ma marche.
Des indices numérique seront aussi parsemés sur le Web : des éléments visibles et lisibles postés sur les réseaux sociaux, et rendant compte de la marche. À l’aide de mots-clés – tag (#) – et à l’image du Petit Poucet, ces traces peuvent être pistées. Le tout constituera un chapelet d’indices pour une future carte enrichie. C’est une oeuvre intermédiale dans laquelle traces photographiques, indices numérique et données statistiques dialoguent pour former la trace ultime de la marche.
Cette marche est aussi pensée comme agencement un spatio-temporel. Il y a le tempo du marcheur cheminant vers sa destination par le moyen de déplacement le plus long. Le temps de sa trace GPS générée et projetée en direct à la vitesse de la lumière. Enfin, il y a les temporalités des cartes postales envoyées quotidiennement et transférées à des vitesses et par des moyens multiples et variés. Le tout formant un tressage de traces hétérogènes en mouvement.
Cet agencement fera émerger à son tour une superposition de point de vue en marchant :
d’une part, je collecte et j’envoie mes traces d’horizons, d’autre part, je génère ma trace GPS en surplomb. Enfin, le tout sera donné à voir en même temps. Cette superposition sous-tend une dialectique entre une trace relativement éphémère – de la transmission GPS – et une trace relativement pérenne – de l’envoi quotidien de cartes postales -. Ces variétés de traces que je produis en marchant, finiront par tresser une seule et même ligne.


Dans cette performance les traces précèdent le marcheur. En effet, pendant que je chemine, la diffusion de ma trace GPS ainsi que la distribution des cartes postales seront déjà données à voir à l’Institut français de Tunisie . Ce sont des traces qui « attestent » (13) et qui matérialisent ma performance marchée. Elles sont déléguées au smartphone à travers des applications telles que Google Maps, Runtastic, Fizzer … En contrepartie (14), je me saisis de la trace GPS comme « attestation » vivante et simultanée de ma performance. Je deviens, support et relais d’inscriptions numériques, un corps traceur tracé (15). D’un autre côté, la carte postale envoyée fera office d’« attestation » indiciaire en différé avec le cachet de la poste faisant foi.
La ligne GPS restituera visuellement la trace du corps mouvant, sans se confondre avec celle-ci. En revanche, la palpabilité est du côté du marcheur et des territoires traversés. ainsi les seuls indices laissés sur le chemin, sont les traces de pas du marcheur. La distance que le marcheur doit parcourir est, et reste, incompressible. Il y a aussi quelque chose d’irréductible dans l’expérience du marcheur : un certain « frottement » au territoire, à l’arpentage, et au «défilé du monde» au rythme de son corps. C’est à travers ce mouvement attentif et répété que le marcheur habite le monde. À l’ère du numérique et de la mobilité exaspérée le besoin d’ancrage dans le réel se fait surtout par et à travers les corps. Parce que « la marche est le commencement de la pensée. » (16)
Enfin, comme ce qui est lisible n’est pas toujours visible et audible, l’«empreinte» de la marche c’est-à-dire la trace GPS du parcours effectué sera « convertie » : le document sera soumis à un logiciel de synthèse vocale pour lecture. La trace GPS sera lue à l’envers par ma propre voix préalablement synthétisée. En égrenant toutes les coordonnées géographiques qui composent la distance parcourue, le logiciel de synthèse vocale réactualise la trace du chemin à sa manière et à son rythme. La trace ultime de cette performance marchée prendra la forme d’une projection des lignes de coordonnées géographiques lues en continu par une voix de synthèse (17). Ainsi, je ferai l’aller en marchant, et ma voix fera le retour en lisant.

Notes :

1 -Gilles Deleuze, Dialogues, avec Claire Parnet, Ed. Flammarion, 1977, p. 48
2 -Cette marche est prévue pour avril 2019.
3 -Il s’agit de relier mon atelier parisien, lieu de travail et de vie, à la ville de Sousse dans le Sahel tunisien, lieu de ma naissance.
4 -Manola Antonioli, Singularités cartographiques : http://www.revuetrahir.net/2010-2/trahir-antonioli-cartographie.pdf
5 -Karl Gottlob Schelle, L’Art de se promener [1802], préface et traduction P. Deshusses, Paris, Payot, 1996, p. 39-40.
6 -Cette marche sera connectée, à travers un smartphone, un ensemble d’applications fonctionnent en symbiose dans la production de données assez variées : trace de la marche, cartographies, mesures de pas, image, sons… Équipé aussi de sac à dos ainsi que de chaussures connectées.
7 -Ce sont des étapes de 25 à 30 km par jour, sur 4 mois de marche environ.
8 -Georges Perec, Espèces d’espaces . Journal d’un usager de l’espace , Galilée, Paris, 1974
9 -La notion de « cible » fait référence aux applications boussoles islamiques pointant la Qibla (la Kaabah) à partir de pratiquement n’importe quel point dans le monde. Dans cette performance, ce sont les coordonnées GPS de la ville de Sousse qui ont été intégrées dans l’application Spyglass, boussole en réalité augmentée, et qui pointe en permanence vers la ville.
10 -Un partenariat a été noué avec l’Institut français de Tunisie et le relais culturel de la ville de Sousse.
11 -Fizzer est une application qui permet d’envoyer de vraies cartes postales, cartes photo, cartes de voeux, …
12 -L’agencement et les modalités d’accrochage des cartes postales ainsi que la projection de la trace en direct seront discutés avec le Relais Culturel de Sousse.
13 -La notion d’« attestation » fait référence à la fameuse « triche » d’André Cadere : invité en 1972 à la Documenta de Kassel, Cadere y alla en train après avoir fait croire qu’il irait à pied depuis Paris en semant ses bâtons le long du chemin.
14 -J’ai bien conscience des problèmes liés à l’appropriation des données par des plateformes telles que Google, Facebook, Twitter…Ici il s’agit de tenter une appropriation subversive de ces outils : jouer avec l’excès de transparence et la saturation d’informations, pour tracer sa propre ligne… Devenir imperceptible dans une saturation de traçabilités.
15 -Aucune modification palpable ne sera effectuée sur le trajet (pas d’ajout ou de soustraction de matière), excepté les traces de pas du marcheur.
16 -Michel Serres: « Je pense avec les pieds » entretien, Philosophie Magasine, 26 mai 2016 : http://www.philomag.com/les-idees/entretiens/michel-serres-je-pense-avec-les-pieds-15852
17 -Voir l’exemple de Logorrhée spatio-algorithmique

Principales expositions

Les oeuvres de Rhida Dib ont essaimé sur le Web et IRL (1), en France et à l’étranger. Parmi les plus notables on peut citer :
une contribution dans la revue Chimères, « Marcher contre le marché » (Numéro 93), une performance en compagnie de la chorégraphe Saâdia Souyah au collège international de philosophie, « Derrida Arabesques » (2018), une installation à LaGaleru, «Voile-vide » (2017), Festival OOHLAL’ART « Aéro » (installation, 2016), « Corps et Graphie », performance dans le cadre de la journée internationale de la danse à Tunis (2015), « Je suis tracé, donc je trace », performances sur le chemin de Compostelle (IRL et sur le Web, 2014), Festival des Éphémères , installation aux Jardins d’Éole à Paris (2013), « Code and Link » et «Qu’est-ce et Qui se trame ?», performances et installation en Italie (IRL et Web, 2012), Instants Flux, performance ENTRE-DEUX flux : entre B’chira Art Center à Tunis et l’atelier de Ridha Dhib à Paris. (IRL et sur le Web, 2012), et Printemps des Arts de la Marsa en Tunisie (2010), Resonance(s) a Deleuze and Guattari conference on Philosophy, Art and Politics, installation/performance au SantraIistanbul, Istanbul (2010), Expo Sichtbare gedachten Geel : exposition à Geel, (Belgique ,2010), Land art Rhizome au pays du soleil Levant à Nara et Kyoto (2007)…

Note :
1 « In Real Life , littéralement « dans la vraie vie », expression couramment employée sur Internet pour désigner la vie en dehors d’Internet.

Liens utiles :

 

Paul Ardenne, un art écologique

“Cet essai n’entend nullement créer un label. Il se prévaut d’une ambition moindre, d’abord documentaire : indexer des positions d’alerte, des comportements vigiles, des attitudes où solidarité, fraternité et humanisme prennent une place décisive et se traduisent en formes, en artefacts plastiques dont le thème est la préservation de l’humain et de son milieu de vie”, écrit l’auteur dans l’introduction à L’Art écologique – Création plasticienne et anthropocène.

Agencé en trois parties et une postface de Bernard Stiegler, l’ouvrage de Paul Ardenne se situe au plus près des œuvres, des artistes et des expositions. Si le terme “d’anthropocène” apparaît en sous-titre, c’est à l’écouter, lors de la présentation 78 rue Amelot le 18 décembre, pour appâter le chaland. Le mot est en vogue, alors que son sens n’est pas toujours évident pour le public.

Désignant une ère géologique dominée par l’action humaine tout autant que la disparition d’une nature sauvage, le terme fait l’objet de controverse chez les spécialistes. L’auteur  avance l’idée d’un art humaniste, se fondant sur l’écosophie de Guattari pour penser une responsabilité collective.

Si Paul Ardenne définit l’art de l’anthropocène comme un art de combat, il ne manque pas de préciser que la vérité d’une œuvre d’art écologique est son humilité, et sa très grande générosité.

Ce premier ouvrage sur l’art écologique pose un panorama, jusque là inexistant, d’attitudes et de projets qui opèrent dans le domaine de l’écologie de manière dispersée. Ce qui n’est encore ni une école, ni un mouvement artistique construit à travers des démarches un panorama international. Paul Ardenne défriche un champ qui semblait si évidemment contemporain qu’il était ignoré des champs de recherche sur le sujet.

L’aisance et le brio de l’auteur en favorisent la lecture comme une instructive flânerie documentaire.

 

Un art écologique – Création plasticienne et anthropocène(Ed. La Muette/Le Bord de l’Eau), 288 p., 27 €