Thierry Davila, Le flâneur est indestructible

 

« Le Flâneur est indestructible » par Thierry Davila, historien de l’art, Genève

Conférence donnée le jeudi 24 Ooctobre 2013  à l’École Spéciale d’Architecture

Colloque de la marche

Lors du colloque, organisé par Aude Launay, le samedi 18 octobre au Carré de Baudouin dans le cadre de la Biennale de Belleville 3, les intervenants ont abordé la marche dans l’art.

Sous un titre emprunté à l’ouvrage de référence de Henry David Thoreau « de la marche », des artistes, des théoriciens et des auteurs ont développé leur point de vue.

Parmi ceux-ci, deux figures tutélaires pour l’association Démarches, l’artiste anglais Hamish Fulton et l’historien de l’art et commissaire d’exposition  Thierry Davila.

De Thierry Davila, nous présentons son ouvrage Marcher, Créer sur le site. Durant une intervention illustrée de nombreux exemples, Thierry Davila a brossé une histoire de la marche dans l’art depuis Dada. L’érudition de l’intervenant a permis aux participants d’approfondir et/ou de découvrir des travaux d’artistes.

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Hamish Fulton nous a fait l’amabilité de poser avec nous lors de cet après-midi studieux.

Artiste anglais né en 1946 à Londres qui vit et travaille à Canterbury dans le Kent.

Il s’agit d’un « walking artist » historique figurant dans de nombreuses collections institutionnelles et privées, françaises et étrangères, et présent sur la scène internationale depuis plus de quarante ans. Une figure de l’art contemporain qui a contribué à l’inscription de la marche dans le domaine artistique.

« C’est en 1973, à l’issue d’une marche du nord-est au sud-ouest de l’Angleterre (2ème marche d’une côte à l’autre) de quarante-sept jours, qu’il décide que son travail artistique résultera exclusivement de la marche : «Si je ne marche pas, je ne peux pas faire une œuvre d’art ». Sachant qu’ « un objet ne peut rivaliser avec une expérience », son travail artistique est une tentative de traduction de la quintessence de ses marches et de leur rapport au monde. Les paysages traversés et le corps du marcheur, mis à distance, ne sont donc que très rarement représentés. L’expérience intime inaugurale donne naissance, depuis le début des années 1970, à des œuvres encadrées et des livres qui combinent textes et photographies, auxquels se sont ajoutées la pratique picturale dès 1982 et des  performances collectives à partir de 1994. L’économie de moyens et le recours au pouvoir évocateur du langage (mots, langues, écritures) sont une constante de l’œuvre. Cependant, l’expérience première de la marche, indissociable de l’œuvre, l’éloigne de la démarche des artistes conceptuels pour qui l’idée prime sur la réalité expérimentée. » extrait de la présentation de l’exposition En marchant d’Hamish Fulton au Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon qui s’est déroulé du 30 octobre 2013 au 2 février 2014.

Hamish Fulton présenté par Muriel Enjalran

Hamish Fulton présenté par Muriel Enjalran

L’artiste a réalisé un parcours reliant l’Atlantique à la Méditerranée à travers les Pyrénées d’ouest en est en empruntant les traditionnels sentiers de grande randonnée qu’il a parfois délaissé au profit d’itinéraires personnels. En s’affranchissant des chemins balisés, Hamish Fulton inaugure des parcours personnels qui fondent sa liberté d’artiste.

Il ne s’agit ni d’une représentation de la marche, ni d’un enregistrement du parcours, mais d’une nouvelle mise en scène de cette marche de 23 jours de l’Atlantique à la Méditerranée. Hamish Fulton ne se revendique ni Land Artiste, ni performer, ni poète. Il pratique un art qui hybride ces différents domaines en produisant une réflexion sur le paysage, sur la place du corps dans la nature et sur la dimension politique de l’occupation de l’espace.

Lire l’interview d’Hamish Fulton par  Patrice Joly dans la revue 02