Sur une période de 110 ans, quatre campagnes photographiques ont permis de documenter une portion des paysages flamands. Entre 1904 et 1911, le botaniste Jean Massart a réalisé une série de photographies de paysages en Flandre afin de représenter la végétation naturelle dans le paysage et les relations entre l’agriculture et la géographie. En 1980, Georges Charlier, accompagné du botaniste Leo Vanhecke, a photographié à nouveau environ 60 images de Massart et, en 2003, Jan Kempenaers a été chargé de photographier les mêmes scènes. Une quatrième série a été réalisée par Michiel De Cleene en 2014. Chacune met l’accent sur des aspects documentaires, artistiques et scientifiques. La collection sert maintenant à la recherche sur l’urbanisation et les mutations du paysage.

Ces 4 séries mettent chacune l’accent sur différentes perceptions du paysage. Des aspects documentaires, artistiques et scientifiques peuvent être perçus dans chacune. Cette collection ainsi constituée sert maintenant de base de recherches sur l’urbanisation et les mutations du paysage.

Le projet a donné lieu à une exposition au SMAK (1) et à un livre aux éditions Roma.

 

Le 10 octobre dernier, la librairie Volume à Paris organisait une présentation de l’ouvrage lors d’une soirée animée par Jac Fol qui réunissait autour de lui : Pieter Uyttenhove et Bruno Notteboom, auteurs et directeurs de l’ouvrage et le photographe Georges  Charlier.

de gauche à droite : Samuel Hoppe, Jac Fol, Bruno Notteboom, Pieter Uyttenhove

Les intervenants se sont interrogés sur la liberté du photographe dans ce cadre strict. Analysant les déplacements de ligne d’horizon, de lumières à partir des données de référence de Jean Massart. L’apport de la narrativité dans le paysage combiné à la richesse des regards mettent en place un dispositif permettant d’écrire un scénario du paysage. Thème développé dans les textes sur la base d’une comparaison avec la chronophotographie.

L’exposition de 2006 était une coproduction de l’Université SMAK et Gand – Département d’architecture et d’urbanisme et bibliothèque universitaire avec le focus architecture-.

Le livre  abondamment illustré par la collection complète de photos de Jean Massart, Georges Charlier et Jan Kempenaers, comprend des données descriptives, un atlas pratique des lieux et une brève description analytique de chaque ensemble de photographies. Un corpus de textes avec des entretiens et les points de vue des chercheurs trouve un complément interactif sur le site.

Sur la base de dix lieux en Flandre, une histoire commentée de la transformation du paysage, de la conception urbaine, du cadre de vie et de la culture vivante est présentée. La recherche urbaine de Labo S (2) fournit un certain nombre de solutions pour mieux comprendre les causes de ce changement, telles que l’expansion des zones résidentielles et les mutations de l’agriculture qui indiquent l’industrialisation de la production alimentaire. Les réseaux d’infrastructure, les mâts GSM, les éoliennes, la gestion des cours d’eau et les impacts à grande échelle sont particulièrement frappants.

Contrairement aux attentes, les images montrent que de nouvelles zones naturelles ont récemment été créées, mais pas toujours pour des raisons écologiques. Vous verrez, entre autres, une zone de compensation pour l’extension du port d’Anvers. Ou un horizon entièrement construit à la limite d’une nouvelle zone naturelle à Nieuport, résultat visible de la demande croissante de séjours temporaires sur la côte et de la pression des promoteurs immobiliers.

La recherche peut être consultée dans son intégralité sur le site. Les photos peuvent être visualisées de manière interactive: sur une carte de la Flandre, vous pourrez afficher les soixante «paysages», ainsi que toutes les données de la recherche.

Notes :

(1)  S.M.A.K. (Stedelijk Museum voor Actuele Kunst)

(2) Labo S est le laboratoire de recherche en développement urbain du département d’architecture et d’urbanisme de l’Université de Gand. Il est destiné aux recherches sur les problèmes de développement urbain axées sur la conception et les missions. L’expertise et la vision sur les problèmes de la « métropole horizontale » sont développées et transmises au moyen de travaux d’étude et de projets de recherche, ainsi que d’expositions, de colloques et de publications.

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